mercredi 19 août 2015

Une Assemblée Extraordinaire

Lors de l'Assemblée Générale Extraordinaire du 15 août 2015, plusieurs éléments sont apparus au grand jour :
Des solutions alternatives de relocalisation du siège existent en Île de France et dans l'Est : pourquoi n'ont-elles été présentées ni en Comité Directeur, ni en Assemblée Générale ?
Le projet de délocalisation à Lyon ne dispose d'aucune garantie.
Le sort des salariés n'a pas été pris en compte dans le projet.

La situation financière
Le partenariat de 200.000 €, initié en 2008 (*voir note en bas de page) et prolongé en 2012, avant l'arrivée de la nouvelle équipe, n'a pas été renouvelé. C'est un fait. Que l'ancienne équipe ait mal consolidé, ou que l'équipe actuelle ait mal négocié ne change rien au problème : la situation financière est difficile, l'heure n'est pas à la recherche de coupables, il faut réagir.
  • trouver de nouvelles ressources
  • faire des économies
N' ayant pas trouvé de ressources extérieures il fut décidé de mettre les licenciés à contribution : inscriptions aux Championnat de France Jeunes en augmentation de 150% ; participation aux Championnats internationaux Jeunes à la charge des parents, clubs, ligues et comités départementaux ; augmentation des droits d'homologation, etc.

Côté économies, le siège fédéral coûte cher : 48.000 € de loyer annuel (et non 60.000 € comme le disent certains). Nous n'en avons plus les moyens.
L'ancienne équipe a-t-elle sous-exploité la Commanderie des Templiers ? L'équipe actuelle a-t-elle utilisé tout le potentiel de ce site historique ? Là encore, la priorité n'est pas à la recherche de bouc-émissaires, mais de trouver des solutions efficaces qui aillent dans l’intérêt de tous.

Urgence de trouver un nouveau siège ?
Le bail négocié avec la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin en Yvelines ne prend fin qu'en juin 2018. Le partenariat BNPP court jusqu'en décembre 2016.
Nous ne sommes donc pas en zeitnot mais en partie longue, voire en partie par correspondance. Même s'il y a un consensus pour quitter les locaux actuels, nous avons le temps de prendre nos décisions calmement.

Le projet Lyonnais
Si on nous démontre que ce projet permet d'économiser de l'argent d'ici la fin du mandat, il ne faut pas hésiter. Si on nous montre que le projet est rentable à court ou moyen terme, on peut tenter l'aventure. Lyon est une ville qui a souvent aidé les échecs par le passé, c'est un pôle économique important, et sa situation géographique en Europe en fait une place attractive. Mais la question n'est pas : Lyon est-elle une jolie ville ? La question est : quel est le projet ?

Plusieurs questions ont été posées ce 15 août. Les réponses montrent que nous agissons dans la précipitation. Le manque de préparation et de professionnalisme ont été soulignés par de nombreux intervenants. Jugez plutôt :
On ne connaît pas l'adresse exacte du siège, et pour cause : il n'existe qu'une lettre d'intention des politiques lyonnais. Nous n'avons donc, à ce jour, aucune garantie d'avoir des locaux pour un siège fédéral à Lyon !
Les locaux promis (sans garantie) sont en travaux, ils doivent être désamiantés. Ces travaux prendront des mois, et s'ils nous étaient finalement attribués, ce ne serait pas avant la rentrée 2016. La proposition actuelle revient à squatter le club de LOE, en espérant qu'un jour la Ville propose un hébergement. Cela ne semble pas assez abouti pour être voté.
Le coût du déménagement n'a pas été chiffré.
Combien coûtera l'occupation des locaux ? Là encore, pas de réponse.
Ce qui nous était présenté comme un projet bien ficelé n'est en fait qu'une esquisse assez vague.

Les projets alternatifs
Lors de l'AG, le président fédéral a évoqué pour la première fois des options comme Nancy ou Chalons. Alors que Lyon semblait être une variante forcée, il apparaît que d'autres villes peuvent nous accueillir.
Une solution existe même dans la communauté d'agglomération actuelle, à moindre coût, et qui permet donc de conserver les employés fédéraux. Quand l'assemblée a appris cette contre-proposition, elle a voulu en savoir davantage. Pourquoi refuser que les salariés présentent cette proposition en CD puis lors de l'AGE ? Mystère.
Je suis intervenu pour parler de la ville d'Asnières. Cette ville de 90.000 habitants, située à 5 min. de Paris (20 min. du quartier d'affaires de la Défense) est dirigée par un ancien licencié de la FFE. Son Maire, vrai passionné, a mis en place des ateliers dans les écoles et a même embauché le grand maître Anatoly Vaïsser. Il a fait savoir en mars, qu'il était prêt à discuter avec le président fédéral, pour accueillir le siège. Le président a reconnu qu'il avait reçu cette invitation. Ma question : avez-vous pris contact avec cette ville depuis mars ? Sa réponse : Non.
Toutes les options ne doivent-elles pas être examinées, et les projets mis en concurrence ?

Le volet social
Comme l'a souligné un délégué de club, changer de siège implique une modification du contrat de travail. Nous avons appris que les salariés du siège n'allaient pas l'accepter. Ils seront donc « remerciés ». Personne n'est proche de l'âge de la retraite, et le télétravail ne semble pas envisageable. Il faudra donc verser des indemnités conséquentes (une salariée a 23 ans d'ancienneté, trois autres sont là depuis huit ans).
A la question simple : à combien avez-vous estimé les indemnités de licenciement ? Il a été répondu que la loi serait respectée... mais aucun chiffre n'a été donné.
Là encore, comment voter un dossier qui n'est pas chiffré ?
Avec le départ du Directeur Général, s'il fallait ajouter le licenciement des salariés du siège, la perte de compétence serait sans doute immense pour la fédération.
Combien d'années faudrait-il pour former de nouveaux employés opérationnels. Et combien d'années pour économiser sur le loyer du siège afin de compenser les indemnités de départ ?
Analyser cette variante est d'autant plus absurde qu'il existe au moins deux options qui permettent de conserver les salariés en région parisienne, tout en réduisant les loyers.
Plusieurs intervenants ont été choqués par la gestion « humaine » de ce dossier. Nos dirigeants devraient être conscients de la place inestimable qu’ont, au même titre que les bénévoles et les joueurs, ceux qui œuvrent professionnellement pour les échecs, dans les clubs, les ligues, les comités, et dans le cas qui nous concerne aujourd’hui, au sein de notre Fédération.


Conclusion
Aujourd'hui, nous ne disposons ni de données chiffrées, ni de garanties, pour voter le projet proposé. Il convient en outre d'étudier toutes les autres propositions, avant de demander à l'Assemblée Générale de trancher.
Le Comité Directeur devrait se saisir du problème, et voter le report sine die du « projet »
Il est possible de déménager dans la même communauté d'agglomération, avec une baisse très importante du loyer. Cela permettra d'analyser calmement la position, et de prendre en compte toutes les ressources stratégiques et tactiques pour élaborer notre plan.

Stéphane Escafre
Président de la Ligue de Provence Echecs
Membre du Comité Directeur FFE

* note du 20/08/2015 :
remarque de JC Moingt, ancien président FFE : "le partenariat avec BNP Paribas (...) a été signé le 1er septembre 2006 (et non 2008), renouvelé deux fois en 2009 et 2012 (pour 4 ans en 2012 au lieu de 3 ans ce qui démontre un renforcement du partenariat avant l'arrivée de l'actuel président de la FFE)."
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Pour lire le compte rendu de cette AGE établi par le Président de la Ligue de Bretagne, Christian Bleuzen, cliquez ci-dessous sur "Plus d'infos"



L’assemblée Générale Extraordinaire convoquée par le Comité Directeur s’est tenue le Samedi 15 août à Saint-Quentin dans l’Aisne.

Plus de 60 personnes ont assisté aux débats (en attente des chiffres)
Les représentants la Fédération présents sur place sont M. Diego Salazar Président, Eric Prié Vice-Président, Kennisthon Pousse Trésorier, Didier Fretel, 

Membre, Jocelyne Wolfangel, Directrice des Féminines mais pourtant elle n'est plus membre du Comité Directeur, et Boris Landon, Président de la ligue de Picardie.

A noter les absences de 3 membres du bureau et du futur Directeur Général. Christophe Leroy Secrétaire Général, Patrick Lauferon, Olivier Delabarre et Stéphane Reyreau qui est prétendument en charge de ce dossier.
Didier Fretel est désigné secrétaire de Séance.

La réunion commence avec du retard, M Eric Prié se fait attendre, début à 11h02.

M Diego Salazar (DS) donne les chiffres, l'AGE ne peut avoir lieu par manque de participants.
290 clubs représentés sur 882
886 voix sur 2199
Le quorum n’est pas atteint.
Malgré cela, une réunion s'est tenue jusqu'à 12h15.

Comme l’Assemblée Générale Extraordinaire ne peut avoir lieu, DS interdit à Didier Fretel d’en faire un. Du coup, je me suis improvisé secrétaire de séance dans le souci d’informer un maximum de personnes, de mon propre chef.
J’ai essayé de vous faire un compte-rendu fidèle suite aux différentes interventions, si vous voyez un oubli ou une erreur, merci de me le signaler pour le rectifier par mail christian.bleuzen@gmail.com

Dès le début de cette réunion, intervention d'Ollivier Rioland (OR) qui se présente comme l’auteur du post sur France-Echecs avec le pseudo ODezelle (il faut commencer à épeler son prénom).
Son intervention a pour but d’avoir des réponses à 4 questions.
La première concerne le désengagement de BnpParibas qui remonte bien avant l’Assemblée Générale du 28 mars, et la notification écrite a eu lieu courant avril, OR demande pourquoi les membres du CD n’ont pas été prévenus dès la connaissance de la rupture du partenariat avec BnpParibas.
La question posée par OR, est la suivante : Pourquoi avoir tu cette nouvelle (le désengagement de la BNP-Paribs) à l'AG, pourquoi n'avoir pas prévenu tous les membres du Comité Directeur au plus tard à la réception de la notification écrite, mi-avril, et avoir attendu le CD de juin ?
La réponse de DS est de dire que le partenariat était déjà limite dès 2013, c’est pour cela qu’il a fait un contrat avec Bibaï Sport et l’engagement d’un juriste.
L’accompagnement de Bibaï Sport est pour faire du servicing ! (joker, je ne connais pas ce mot, ce mot n’est pas dans le Larousse).
Une remarque de DS, la gouvernance est très compliquée au sein du CD, les annonces sont faites au dernier moment pour éviter les fuites. 

OR fait remarquer que ces échanges font penser à un sketch de Thierry le Luron qui parodiait Georges Marchais « Vous avez vos questions, j’ai mes réponses ».
La 2° question d’OR est pour Kennisthon Pousse (KP), son Président de Ligue: peux-tu nous indiquer le plus précisément possible 
1. le coût du déménagement à Lyon, qui devrait être sans doute relativement modéré ; 
2. le coût réel des « mesures [dites] d'accompagnement » engendrées par le déménagement éventuel des personnels salariés de la FFE et/ou de leurs licenciements, donc des procédures Prud'homales qui ne devront sans doute pas manquer ; 
3. Ces coûts, permettent-ils effectivement d'envisager la constitution de fonds propres à hauteur de 60.000 € dès 2016 et sous quelle forme ?
Cet ensemble de question est posé à KP et c’est DS qui répond, gêne de KP.
DS répond que c’est « Notre Projet », la salle réagit à cette annonce, aucun chiffre n’est donné.
DS fait également référence au déménagement de Montpellier à Saint-Quentin en Yvelines.
Tout n’est pas formalisé, on n’est pas dans le déni, on n’est pas dans le mensonge, propos tenus par DS.
Pour partir sur Lyon, des points sont à finaliser.
OR intervient pour dire ceci: « on ne peux pas vivre constamment sur le passé, il faut regarder l'avenir, c'est ce qui nous intéresse. Le passé n'est intéressant que pour les leçons qu'on peut en tirer. Je ne peux pas m'empêcher de penser à cette phrase de Churchill « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », il ne faut donc pas reproduire les erreurs passées »
Un argument de DS c’est que Lyon est très bien placé, on avait aussi le choix avec Chalon en Champagne (2000m2), Nancy.

Intervention de Guy Bellaïche sur l’organisation de l’AG, par manque d’un café d’accueil et aucun document présenté sur le projet.
Pendant un petit moment, on a entendu des rires et des applaudissements dans la salle sur le déplacement de GB à cette AG.
DS souligne ce qui est complexe dans ce projet, ce sont les salariés, faire le choix de cette variante est une nécessité. Nous apprenons que DS a été Délégué du Personnel dans un grand groupe « Car-
refour » et il sait ce qui en retourne. 

Philippe Dornbusch représentant le club de Vincennes, mais plus connu pour son site « Echecs & Stratégie » intervient. 
Il aimerait que la Fédération soit plus professionnelle, par exemple l’accueil des représentants des clubs à une Assemblée Générale par un café mais aussi une présentation du projet par un PowerPoint.
Ce non-professionnalisme pénalise fortement la Fédération dans des recherches de sponsors.
DS répond, on reproche régulièrement que la FFE n’a pas de sponsor, mais il y a un site renouvelé, un projet fédéral existe et qu’un travail sur les statuts est en cours.
On fait les fondations, si elles ne sont pas faites, on ne fait pas de développement.
Philippe Dornbusch rajoute entre autres, on ne voit rien sur votre projet, c’est insensé. Merci aux clubs d’être venus.

Solange Burmonas, trésorière du CDJE 13, pose la question suivante si le quorum avait été atteint. On aurait voté sur quoi? parce que rien n’est réellement présenté et consolidé.
Pas de réponse.

à 11h45, intervention d'Alain Saint-Arroman sur l’intérêt d’un centre de formation à Lyon.
"un centre de formation pour les stages Diffe, Daffe, Arbitres ? Il n'auraient plus lieu que là-bas ?"
DS répond, si on ne fait pas ces changements, ce sera plus compliqué.
De nombreuses interventions pour demander des chiffres et s’il y a eu des négocia-
tions, Christian Derieux du club de Paris Echecs Passion, Boris Plane un ancien soutien de DS du club de Bois-Colombes, de Patrice Luond du club d’Issy les Moulineaux. 
DS ne répond plus aux questions et se contente de désigner des personnes auxquelles il faut donner le micro.

Il est midi, Stéphane Escafre pose une question précise à DS sur la possibilité de s'installer à Asnières. 
« En mars, JCM vous a appris que le Maire d'Asniere (joueur classé 1950) était prêt à vous rencontrer pour accueillir le siège ffe dans sa ville. 20 min. du quartier de la Défense. Avez vous pris contact avec le maire depuis mars ? »
DS répond que NON, et souligne les inimitiés avec Jean-Claude Moingt.

M. Roger Ferry souhaite que le siège fédéral reste en région parisienne.

5 minutes plus tard, c'est à Aurélie Dacalor, d’intervenir, avec le comportement des dirigeants avec les salariés, ces derniers ne sont pas respectés. 
Elle fait état d'un contre-projet et demande à une salariée d'en parler.

Réaction de DS qui interrompt son intervention et refuse d’accorder la parole aux salariés. 

D'autres interventions, Antoine Canonne de l’Echiquier Deauvillais, André Rasneur du Sporting Cheminot Pratique Omnisport, Christian Kane du club de Marseille Passion. 
Les interventions concernent la présentation de tous les projets, la visibilité de la FFE, du coût des projets.

Fin des échanges à 12h15. 

Ollivier Roland n’a posé que 2 questions sur les 4 qu’il voulait poser, les 2 autres questions ont été posées sous d’autres formes par d’autres intervenants.

Fait à Saint-Quentin, le 15 VIII 2015 modifié le 16 VIII 2015 

Christian Bleuzen 
Président Ligue de Bretagne des Echecs

1 commentaire:

Thierry PRETET a dit…

Un chantier de désamiantage peut prendre des mois voire des années de retard : quand on lance le chantier, on ignore la quantité précise d'amiante sur place.